Zig et Zag dans le monde des contes

Pour vous deux, mes chéris, Keylie et Keylian... bonne lecture !

La petite Zag était une jolie petite fille aux longs cheveux bouclés et aux yeux noisette. Des yeux noisette en amande, c'est curieux, non ? En tout cas, c'est joli. Son grand frère Zig n'avait qu'un an de plus, mais il avait une tête de plus ! Ses cheveux étaient bouclés aussi, presque noirs, en crête au-dessus d'un visage de personnage de manga. Tous les deux avaient une jolie peau hâlée parce que leur papa était métis et leur maman d'origine kabyle. C'étaient des enfants gais, énergiques et sportifs. Même s'ils s'entendaient à merveille, il leur arrivait de se disputer comme chien et chat.

Je vais donc vous raconter l'aventure de Zig et de Zag. Jamais ils ne pouvaient imaginer qu'un jour, ils trouveraient le passage vers le monde des contes...

- Non, c'est ma place, pousse toi, Zag, tu as fait exprès ! Zag... pousse toi ! Tu m'énerves !

- Mais tu as la moitié du canapé, Zig, tu ne veux pas que je m'assoie par terre aussi !

A ce moment-là, l'image de la télévision se mit à trembler.

- Voilà, hurla Zag, c'est de ta faute, la télé ne marche plus.

- Bon, ça suffit, cria leur papi en éteignant le poste. Allez dans votre chambre, je ne veux plus vous entendre.

Malheureusement, la chambre était commune et il ne fallut pas très longtemps pour que frère et sœur se disputent.

- Tiens, Zig, raconte les histoires de ce livre à ta sœur, puisque tu lis très bien. Ça va vous calmer, j'espère.

- Ah oui, quelle bonne idée ! Tu l'as eu où ce livre, Papi ? Il a l'air aussi vieux que toi.

- Je l'ai acheté au marché aux puces, répondit-il en sortant de la chambre.

Mais quand Zig ouvrit le livre, une drôle d'odeur se répandit dans la pièce.

- Ça pue, dit Zag en se bouchant les narines.

- Mais c'est quoi cette odeur ? rajouta Zig en se pinçant le nez à son tour. On dirait qu'on a gratté des allumettes.

Oh ! Regarde ce dinosaure sur la première page.

- Ce n'est pas un dinosaure, c'est un dragon. Trop rigolo ! Il a un gros nez rouge ! Lis l'histoire, Zig !

- Ok, répondit Zig tout en contemplant l'image du dragon. Il commença la lecture.

"Je m'appelle Plic Plac Ploc et je ne vois pas pourquoi mon nez vous fait rire."

- Ça alors, on dirait qu'il nous a répondu !

- Attends, je vais faire un essai. Moi, je...euh... je pique les fesses des dragons!

Zag éclata de rire et demanda à son frère de reprendre l'histoire.

"Et moi, je mange les petits garçons !"

Zig jeta le livre en l'air. Dans un hurlement de terreur, les enfants sortirent de la chambre.

- Les enfants, calmez-vous !

- Mais Papi, le livre ne raconte pas d'histoire !  Il nous répond ! On a peur !

- Bon, allez-vous coucher au lieu de dire n'importe quoi ! Vous êtes insupportables !

- Non, papi, répondit Zag en pleurant. Viens voir !

- Bon, alors, qu'est-ce qu'il a ce bouquin ?

Papi ouvrit le livre et lut : "Il était une fois un gentil dragon malheureux." C'est ça qui vous effraie ?

- Passe, passe, Papi, cria Zig en arrachant le livre des mains de son grand-père.

Pendant que Zig essayait de lire le texte, Zag regardait le dessin. Elle sursauta. Sur l'image, le dragon lui avait fait un clin d’œil.

Zag ne dit rien. L'attention de Zig fut soudain attirée par le match de foot qui venait de commencer et il courut s'installer sur le canapé. Zag prit le livre et se mit dans un coin de la pièce car elle n'osait plus retourner dans la chambre. Elle le rouvrit sur la page du dragon. Il semblait la regarder. Comme elle savait lire un peu, elle regarda le texte et lut à voix basse, très lentement, le petit texte écrit sous l'image.

" Aide moi, je t'en prie, aide moi, petite fille..."

Elle décida de ne rien dire aux autres et c'est la gorge serrée qu'elle lui demanda :

- Je veux bien t'aider, mais comment faire ?

- Pour m'aider, tu dois rentrer dans le livre.

- J'ai peur... je ne sais pas comment faire.

- C'est normal, appelle le petit garçon. Toute seule, ce ne sera pas facile.

Ce fut grâce à la mi-temps que Zag réussit à faire venir Zig dans la chambre. Elle lui expliqua ce qui venait de se passer. Zig voulait montrer qu'il était un grand frère  courageux. Il prit le livre, l'ouvrit et dit d'une voix mal assurée :

- Bon, je suis là, comment on fait ? De quoi as-tu besoin ?

- Je ne sais pas. Prends une gomme et un couteau avec toi. On ne sait jamais. Mets le livre par terre et saute dans le paysage de la page suivante, tout en tenant la main de ta sœur. Si vous êtes mes héros, cela marchera. Sinon, vous ne pourrez pas rentrer.

Zig alla s'équiper, puis il revint et posa donc le livre. Il serrait un peu trop fort la main de Zag. Elle lui demanda de ne pas écouter le dragon, mais elle ne pleurait pas, persuadée qu'il était, de toute façon, impossible de pénétrer dans une image.

Lorsque les pieds de Zig touchèrent le livre, la page se déchira et engloutit les deux enfants.

 

Les voici donc, tout étonnés dans la forêt, au bas de la montagne. Ils lèvent la tête et contemplent les arbres au pied de la montagne. C’est magnifique, une cascade jaillit d’un creux dans la roche. Le petit dragon au nez rouge les regarde avec un sourire. Pourquoi a-t-il besoin des deux enfants ? Quel est son problème ?
Toutes ces pensées et toutes ces questions se bousculent dans leur esprit. L’odeur des allumettes leur rentre dans les narines. C’est désagréable. Et plus le dragon se rapproche, plus cette odeur les dérange.

- C’est toi qui sens comme ça ? demande Zag au dragon.

- Je ne sais pas…

- Tu sens l’allumette, rajoute Zig.

Aux grondements de la bête, les enfants courent se cacher derrière un sapin. Ils l’ont mis très en colère. Le dragon ne sourit plus et lance des grognements effrayants. Ils ne veulent pas être dévorés par le monstre et hurlent de peur.

                       

 

 

Le dragon fait rapidement le tour de l'arbre. Il est menaçant et ses narines tremblent. Dans sa gueule, un bruit se fait entendre, comme un feu qui souffle très fort dans la cheminée. Zig et Zag se rappellent alors que les dragons crachent du feu.

- Tu vas nous faire cuire avant de nous manger, crie Zig, les mains en avant comme pour se protéger.

La bête s'arrête et le regarde en le fixant d'un air étrange. Soudain, ses yeux noirs s'emplissent de larmes.

Zag ne peut s'empêcher d'être émue tandis que son frère reste plus méfiant. Elle veut s'approcher mais Zig lui barre le passage en écartant les bras.

- Ne t'avance pas, il essaie de t'apitoyer.

Il sort alors le couteau de la poche.

- Approche, monstre, je vais te massacrer.

- Petit ver de terre, lui crie le dragon. Je pourrais te piétiner, t'avaler, te...

- Me cracher du feu à la tête comme tous ceux de ton espèce ? C'est ça ?

- Non, hurle la bête, noooooooooooooon !

Et elle disparait dans la forêt.

- Il est parti ! Comment allons-nous sortir du livre ? s'inquiéte Zag.

- Il faut le suivre, décide Zig. Nous n'avons pas d'autres solutions. Personne ne peut nous entendre.
Alors, les enfants se prennent par la main et rentrent dans la forêt. Il y fait sombre, ils se sentent tout petits au milieu des grands arbres. Ils ont peur de voir l'un d'un s'animer et leur parler. Ils marchent longtemps et arrivent enfin près d'un lac. Sur une pierre, au bord de l'eau, une personne de petite taille, habillée d'une grande cape, regarde au loin. Ils sont contents, enfin un enfant avec qui parler ! Il va les aider, c'est sûr. Ils courent vers lui mais quand il se retourne, les enfants s'arrêtent. Ce n'est pas un enfant, c'est une vieille femme, toute ridée et laide.

- Tiens, c'est gentil de venir rendre visite à la sorcière du lac !

- Bon-bonjour, ma-ma-madame...

- C'est la première fois qu'on m'appelle, madame, ça fait plaisir. Je vous invite dans ma grotte si vous n'avez pas peur...

- On n'a pas peur, mais on n'a pas le droit d'aller chez des inconnus, répond Zag du tac au tac.

- Tu me plais bien, toi, la fille, tu as une jolie peau, en plus.

Les yeux de la sorcière brillent et ses lèvres se retroussent sur une bouche édentée. Son sourire grimaçant fait ressortir son nez crochu. Un filet de bave coule sur son menton. Il n'en faut pas plus à Zig pour attraper la main de sa sœur et l'entraîner comme un fou vers... mais vers où ? Il faut fuir ! Le plus vite possible !

Ils contournent le lac pour se retrouver de l'autre côté, loin de la sorcière, mais à leur grande terreur, elle est toujours là.

- Vous ne m'échapperez pas, mes chéris.

Et le rire diabolique de la sorcière retentit dans la forêt...

 

 

 

Elle les attrape par le col et les tire vers elle. Elle prononce une formule magique :

« Acaboudou, acaboudou, chcro gneu gneu »

Ils ont si peur qu’ils n’ont pas envie de rire. Ils leur est impossible de bouger, la formule a réussi et la sorcière les emmène en les tirant par les pieds jusqu’à sa grotte, derrière la cascade.

A son arrivée, elle les délivre en prononçant la formule inverse « douboucaca, douboucaca, croche gueu gueu »
Ils pleurent, ils ont plein de petites blessures dans le dos et la tête. Ils sont enfermés. Qui pourrait les aider ?

- Pleurez, criez, petits kaliméros, personne ne peut vous entendre, le bruit de la chute de la cascade couvre vos voix. Pleurez, criez, j'adore ça !

 

La sorcière commence à préparer son bouillon. Avec horreur, les enfants la regardent préparer la soupe diabolique. Dans une grande marmite en fonte léchée par les flammes d'un feu venu des enfers, la sorcière rajoute des herbes étranges, des serpents, des fils d'araignée et jette vivants quelques crapauds noirs pour parfumer son potage. Elle prononce à nouveau des formules grotesques qui ont pourtant un pouvoir effrayant.

Les enfants ne se demandent même pas à quelle sauce ils vont être mangés. C'est dégoutant, ils ont envie de vomir.

Au moment où la sorcière se jette sur eux, un grondement terrible stoppe net la méchante femme dans son élan.

La sorcière est soulevée de terre par les crocs du dragon. Il ne lui laisse pas le temps de prononcer une autre formule magique et il la jette dans la soupe fumante. Il attrape alors les enfants un après l'autre. Il les pose délicatement sur son dos.

D'un bond, il sort de la caverne puis déplie ses ailes immenses.

- Accrochez-vous à mes épines dorsales !

Il s'envole dans le ciel et les enfants rient aux éclats. Tandis que Zig et Zag traversent les nuages sur leur monture fabuleuse, le dragon leur raconte comment, caché dans la forêt, il a pu les observer et repérer la cachette secrète de la sorcière.

En se posant sur le sol, le dragon tourne sa gueule monstrueuse vers eux. Ils n'ont même pas peur !

- Que peut-on faire pour te remercier, tu nous as sauvés la vie !

- J'ai peut-être une idée...

Le dragon leur donne une mission. Ils doivent retourner dans la grotte de la sorcière. Celle-ci étant morte, le sortilège qui tient le coffre magique fermé est certainement rompu. Il suffira alors que Zig l'ouvre avec le couteau qu'il a emporté. Puis, les deux enfants devront s'emparer du trésor pour revenir le porter au dragon.

- Mais c'est quoi le trésor ? demande Zag

- Je ne sais pas, tout ce que je peux te dire c'est qu'il me le faut. Je vous révèlerai mon secret après.

- C'est quoi ton secret ?

- Je vous le dirai après, Zig ! Ecoute un peu !

- Il doit être important ton secret !

- Oui, il est terrible ! Courez, petits enfants et ne faites pas trop de zigzag, je suis pressé ! Le dragon se met à rire et rajoute : "Désolé, je n'ai pas pu m'en empêcher ! "

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Date de dernière mise à jour : 26/01/2014

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